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QUE VOYEZ-VOUS sur ce dessin qu’un petit garçon a offert à Ismaëlle pour lui parler de sa vie à Ayacucho ?

Des montagnes, le soleil, le collège FyA et… une route.
Une route, quoi. Noire, avec les traits blancs au milieu, comme on en a l’habitude.
Sauf que ce n’est pas une route que le petit garçon a dessiné. C’est LA route, la « pista ».
Petite, j’avais appris au collège que « carretera » voulait dire « route » en castillan. Pour nous, une route, c’est un long ruban noir couturé de lignes blanches, sur lequel on peut rouler (à droite), de 90 à 130 km/heure. Une route, c’est ce qui relie Paris à Lille, mais il y a aussi une route entre Fay et Trainou.
Ce que désigne le mot « carretera » au Pérou, c’est ce que nous appèlerions un chemin de terre, boueux ou poussiéreux selon la saison, étroit, caillouteux, plein de trous, en lacets, sans rambarde de sécurité. C’est ce qui relie Ayacucho (150.000 hab.) à Cusibamba (un Fay-aux-Loges local). Il faut parfois 3 heures pour faire 20 kilomètres. Conséquences : difficulté d’acheminement et de commercialisation des produits agricoles, absence de l’administration, absence d’écoles… Et, comme nous en avons eu la désagréable expérience dans la Selva, de telles voies de communication empêchent bien sûr le transport de malades, dont la vie aurait parfois pu être sauvée s’ils avaient pu aller à l’hôpital.
Ce que le petit garçon a représenté au milieu de son dessin, en s’appliquant bien, c’est la « pista ». Ce que nous appelons une route. Ce qu’au Pérou, on précise « asfaltada », parce que ce n’est pas commun. Parce que ça implique qu’on va plus vite, que c’est moins dangereux, que c’est plus confortable, qu’au cours des nombreuses heures que dure le moindre voyage, on pourra tenter de dormir un peu, et qu’on pourra ouvrir les fenêtres sans avaler des tonnes de cette maudite poussière qui pique la gorge et les yeux.
LA pista d’Ayacucho.
Ben oui, parce qu’il n’y en a qu’une.
Et qu’elle n’est là que depuis peu. Ayacucho n’est reliée à Lima par une route asphaltée que depuis 1999. Cela donne une idée du degré d’enclavement qu’elle a connu. Maintenant, on ne met plus que 8 à 9 heures pour aller d’une ville à l’autre.
Pour le petit garçon, visiblement, c’est aussi important que son collège, que la parcelle de terre dans la cour de récré où il cultive quelques radis, que les montagnes sacrées qui entourent sa ville, et que le soleil, aussi fidèle à Ayacucho que la garrúa l’est à Lima. Elle est tellement important, sa route asphaltée, qu’il a fait deux dessins la représentant.
Moi, avant, j’avais souvent trouvé ça moche, une route. Que ça gâche le paysage. Au Pérou, Saint Asphalte, c’est l’espoir.
Bientôt ici des nouvelles de l'association Cusi Chakakuna - Les Ponts de Joie (pour la coopération et les échanges d'artistes et d'artisans avec la population
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Pronto les vamos a dar noticias de la asociacion Cusi Chakakuna - Puentes de Alegria, que estamos creando, para que cooperen artistas y artesanos a la
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Hasta pronto !
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